L'unité des religions

Des enfants bahá’ís participent à une parade annuelle à Burnaby en Colombie-Britannique.Des enfants bahá’ís participent à une parade annuelle à Burnaby en Colombie-Britannique.Au coeur des enseignements bahá'ís se trouve le principe de l'unité de la religion. Bahá'u'lláh affirme que l'humanité est sujette à un processus de croissance semblable à celui auquel les individus sont soumis. De même que l'individu commence sa vie sans défense comme un nourrisson et parvient à la maturité par étapes successives, de même l'humanité débute sa vie sociale collective à l'état primitif et atteint progressivement sa maturité. Dans le cas de l'individu, il est clair que son développement évolue en fonction de l'éducation qu'il a reçue de ses parents, de ses enseignants et de la société en général. Mais quelle est la force motrice de l'évolution collective de l'humanité?

La réponse que donne la foi bahá'íe à cette question est la religion révélée. Dans l'un de ses principaux ouvrages, le Kitáb-i-Iqán (le Livre de la Certitude), Bahá'u'lláh explique que Dieu, le Créateur, est intervenu et continuera à intervenir dans l'histoire de l'humanité par l'intermédiaire de porte-parole choisis ou messagers. Ces messagers, que Bahá'u'lláh appelle des manifestations de Dieu, sont essentiellement les fondateurs des principales religions révélées, tels Abraham, Moïse, Bouddha, Zoroastre, Jésus, Mohammed, etc. C'est l'esprit libéré par l'une de ces manifestations, ainsi que l'influence de leurs enseignements et des systèmes sociaux établis par leurs lois et préceptes qui permettent à l'humanité de progresser dans son évolution collective. En d'autres termes, les manifestations de Dieu sont les principales éducatrices de l'humanité.

En ce qui concerne les différents systèmes religieux qui sont apparus dans l'histoire de l'humanité, Bahá'u'lláh dit :

Ces principes et lois, ces puissants systèmes si fermement établis, procèdent d'une même source et sont les rayons d'une seule lumière. Le fait qu'ils diffèrent les uns des autres doit être attribué à la diversité des besoins que présentaient les âges au cours desquels ils furent promulgués1.

Ainsi le principe de l'unité des religions signifie que tous les fondateurs des grandes religions - les manifestations - émanent de Dieu, et que tous les systèmes religieux qu'ils ont établis font partie d'un même plan divin, régi par Dieu.

Il n'y a en réalité qu'une seule religion, la religion de Dieu. Cette religion unique évolue continuellement et chaque système religieux particulier représente une étape dans l'évolution du tout. La foi bahá'íe représente l'étape actuelle de l'évolution de la religion.

Afin de souligner cette idée que tous les enseignements et actes des manifestations sont régis par Dieu, et ne sont pas issus de sources naturelles humaines, Bahá'u'lláh a utilisé le terme révélation pour décrire le phénomène qui se produit chaque fois qu'une manifestation apparaît. En particulier, les Écrits de la manifestation représentent la parole infaillible de Dieu. Étant donné que ces Écrits persistent bien au-delà de la vie terrestre de la manifestation, ils constituent une part extrêmement importante du phénomène de la révélation. À tel point que le terme révélation est parfois utilisé dans un sens restrictif pour se référer aux Écrits et paroles de la manifestation.

L'histoire religieuse est considérée comme une succession de révélations de Dieu, et le terme de révélation progressive est utilisé pour décrire ce processus. Ainsi, selon les bahá'ís, la révélation progressive est la force motrice du progrès humain, et la manifestation de Bahá'u'lláh est l'exemple le plus récent, de révélation.

Bahá'u'lláh a expliqué qu'il pouvait s'écouler environ mille ans entre deux manifestations. Il enseigna également que le processus de la révélation ne s'arrêterait pas avec sa révélation et qu'une autre manifestation viendrait après lui, mais pas avant que mille années ne se soient écoulées. Selon les Écrits bahá'ís, le processus de révélation se poursuivra indéfiniment dans l'avenir, et l'humanité verra apparaître de nombreuses autres manifestations.

Le principe bahá'í de l'unicité des religions diffère fondamentalement des concepts traditionnels. Bahá'u'lláh attribua les différences de certains des enseignements des grandes religions non pas à la faillibilité humaine des fondateurs, mais plutôt aux différents besoins des époques durant lesquelles ces révélations eurent lieu. Il affirma en outre qu'un grand nombre d'erreurs humaines avaient été introduites dans la religion en raison de la corruption des textes et de l'adjonction d'idées étrangères. De plus, les bahá'ís pensent qu'aucun fondateur n'est supérieur à un autre. Shoghi Effendi a résumé ce point de vue dans le passage suivant :

Le principe fondamental énoncé par Bahá'u'lláh, ainsi que le croient fermement les adeptes de sa religion, est que la vérité religieuse n'est pas absolue mais relative, que la révélation divine est un processus continu et progressif, que toutes les grandes religions du monde sont d'origine divine, que leurs principes de base sont en complète harmonie, que leurs buts et objectifs sont les mêmes, que leurs enseignements sont les facettes d'une même réalité, que leurs fonctions sont complémentaires, qu'elles ne diffèrent que dans les aspects secondaires de leurs doctrines, et que leurs missions représentent les étapes successives de l'évolution spirituelle de la société humaine2.

  1. Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, p. 189.
  2. Shoghi Effendi, The Faith of Bahá’u’lláh, extrait de World Order, vol 7, no 2, 1972-1973, p. 7.

* Cet article a été adapté d'un passage de l'ouvrage de William S. Hatcher et J. Douglas Martin, La Foi Bahá'íe, L'émergence d'une religion mondiale, Bruxelles, Maison d'éditions bahá'íes, 1997, p. 102-105.