Histoire de la communauté bahá'íe du Canada

May et Sutherland Maxwell, vers 1935.May et Sutherland Maxwell, vers 1935.Les débuts de la communauté bahá'íe canadienne remontent à 1898 quand Edith Magee, une jeune de la ville de London en Ontario est devenue membre de la Foi bahá'íe. En 1902, le premier groupe bahá'í fut fondé, grâce au dévouement de May et William Sutherland Maxwell de Montréal.

Monsieur Maxwell était un architecte réputé. Son nom est associé à des édifices aussi prestigieux que le Château Frontenac de Québec, l'édifice du Parlement de Régina, le Musée des beaux-arts et l'église "Church of the Messiah" de Montréal.

En 1912, ce petit groupe de croyants eut l'honneur de recevoir la visite de 'Abdu'l-Bahá, fils et successeur du fondateur de la Foi bahá'íe. Il était alors en tournée en Amérique du Nord. Les causeries données par 'Abdu'l-Bahá aux églises "Church of the Messiah" et "St. James Methodist Church", au siège social des syndicats ouvriers sur la rue Saint-Laurent et chez les Maxwell sur l'avenue des Pins suscitèrent un vif intérêt tant de la presse que du public. En mémoire de cette visite, la maison des Maxwell, où il séjourna, devint par la suite un sanctuaire.

Une à une, de petites communautés bahá'íes s'implantèrent, d'abord dans les grands centres, puis dans les villes et les villages à travers le pays. On les retrouve aujourd'hui dans toutes les provinces et territoires du Canada. Aujourd'hui, il y a plus de 340 communautés organisées au Canada, avec des institutions administratives élues dans tous les coins du pays. Plus de 1,355 communités ont été ouvertes à la Foi. Les membres représentent la diversité de la population du Canada en général, bien qu'un sixième des assemblées élues sont sur des réserves autochtones.

Le Canada et la Foi bahá'íe

‘Abdu’l-Bahá a visité le Canada en 1912.‘Abdu’l-Bahá a visité le Canada en 1912.Le Canada tient une place importante dans les annales de la Foi bahá'íe. Le Parlement du Canada fut la première législature souveraine à reconnaître officiellement le conseil d'administration de la Foi bahá'íe, incorporé par une loi spéciale adoptée en 1949.

Ce sont des architectes du Québec, Sutherland Maxwell et Jean-Louis Bourgeois, qui ont conçu les deux édifices les plus importantes du monde bahá'í, soit, respectivement, le mausolée du Báb (précurseur de Bahá'u'lláh) sur le Mont-Carmel et le temple de l'Amérique du Nord, à Wilmette, Illinois, aux États-Unis.

Le plus haut dignitaire de la Foi bahá'íe était Madame Rúhíyyih Rabbani, autrefois Mary Maxwell de Montréal, qui était mariée avec Shoghi Effendi, l'arrière-petit-fils de Bahá'u'lláh.

Les liens existant entre le Canada et la Foi bahá'íe se manifestent aujourd'hui sous différentes formes. Mentionnons la collaboration de la communauté bahá'íe canadienne à divers projets outre-mer de l'ACDI (Agence Canadienne de développement international), et le rôle prépondérant qu'a joué le Canada en accordant son soutien aux bahá'ís victimes de persécutions en Iran. De plus, le projet de construction le plus important actuellement dans le monde bahá'í est l'oeuvre d'architectes immigrants canadiens.

La communauté bahá'íe internationale

La communauté bahá'íe est répandue dans presque tous les pays et constitue, en quelque sorte, un échantillon de l'humanité. En effet, on y retrouve presque toutes les races, nationalités, cultures et classes sociales. On compte des groupes locaux d'importance variée dans plus de 132 000 municipalités réparties dans 235 pays et territoires. Quelques 2 112 ethnies et tribus y sont représentées.

Relations avec les Nations unies

Madame Rúhíyyih RabbaniMadame Rúhíyyih RabbaniLa communauté bahá'íe jouit d'un titre consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC) et auprès de l'UNICEF. Elle est affiliée au programme des Nations unies pour l'environnement (UNEP) et au service de l'information des Nations unies. Elle a aussi des bureaux qui collaborent avec les Nations unies à New York, à Genève et à Nairobi.

L'ordre administratif bahá'í

La Foi bahá'íe n'a ni clergé ni rites. Elle préconise un modèle d'administration axé sur la consultation en groupes dont les principes furent énoncés par Bahá'u'lláh. À tous les ans, les bahá'ís adultes de chaque localité élisent un conseil appelé Assemblée spirituelle locale. Hommes et femmes sont également éligibles. Il y a actuellement plus de 13 232 Assemblées locales dans le monde.

De même, l'Assemblée spirituelle nationale est élue lors d'un congrès international, par des délégués choisis au niveau régional. Il y a actuellement 175 Assemblées spirituelles nationales. Tous les cinq ans, ces Assemblées se réunissent pour élire l'institution suprême de la Foi bahá'íe, la Maison universelle de justice. Toutes les élections se font par scrutin secret, sans candidature ni campagne électorale.

Le siège de la Maison universelle de justice est situé à Haïfa, en Israël. L'on retrouve les lieux saints et sites historiques bahá'ís dans les villes d'Akká et d'Haïfa. Lors des persécutions de 1860, ces deux villes étaient sous l'empire ottoman. Bahá'u'lláh fut alors exilé à Akká et c'est à partir de ce moment que celles-ci devinrent le site du Centre mondial bahá'í.