Dorothy Macqubeak Francis (1912 - 1990)
Dorothy Maquabeak Francis est une des grandes enseignantes autochtones du Canada qui a marié son amour de Bahá'u'lláh et son désir de promouvoir sa culture et son identité autochtones. Dorothy Francis naît le 22 mars 1912 au sein de la bande Saulteaux et elle grandit sur la réserve Waywayseecappo, près de Russell au Manitoba. Elle passe les premières années après son mariage à Joseph sur une réserve à l'extérieur de Broadview (Saskatchewan).
En 1953, un de ses neuf enfants meurt à cause de l'insuffisance des services hospitaliers accessibles aux autochtones et sa famille déménage à Regina (Saskatchewan). Personne n'accepte de louer une maison à une famille autochtone aussi nombreuse et ils finissent par installer une tente en périphérie de la ville. À cette époque il y a moins que 50 personnes appartenant aux Premières nations dans la région. Dorothy Francis commence à participer aux activités de la Regina Native Society (Société autochtone de Regina) et elle fonde le premier Centre d'amitié autochtone, où elle passe la plupart de ses soirées à offrir ses conseils.
La famille déménage ensuite à Winnipeg (Manitoba) et Dorothy Francis travaille au Centre autochtone, d'abord en tant que responsable des arts et métiers puis en tant que conseillère familiale. Bientôt, elle devient agent de développement économique, puis travailleuse dans le domaine de la culture autochtone et plus tard, elle est élue présidente du National Arts and Crafts Advisory Committee (comité consultatif national sur les arts et métiers). Elle est plus tard membre de la Ontario Arts and Crafts Advisory Board (conseil consultatif d'Ontario sur les arts et métiers). Dorothy Francis est une artiste et certaines de ses oeuvres sont exposées au Musée royal de l'Ontario, à Toronto. Elle anime une émission hebdomadaire sur la culture autochtone au réseau de la CBC, elle publie un livre sur les légendes autochtones et enregistre des berceuses autochtones.
Dorothy Francis devient bahá'íe en 1960. C'est Angus Cowan qui lui parle de la Foi bahá'íe la première fois. Arthur et Lily Ann Irwin la lui font connaître en plus de détails et John Robarts l'invite à devenir bahá'íe. Perturbée par le conflit qui existe entre la culture autochtone et la culture chrétienne, elle cherche sa propre place et celle de son peuple au sein de la société canadienne. Elle constate que la foi bahá'íe l'encourage à garder son identité et à la cultiver.
Elle est tour à tour membre de plusieurs assemblées spirituelles locales, elle est déléguée à plusieurs reprises lors du Congrès annuel bahá'í et elle voyage dans diverses parties du Canada pour enseigner la foi bahá'íe. Au cours des années, elle oeuvre de diverses manières en faveur de la culture et de l'identité autochtones. Ses efforts lui méritent l'Ordre du Canada en 1978. Vers la fin de sa vie, malgré les séquelles d'un accident vasculaire cérébral, elle établit et administre un projet sur la spiritualité autochtone pour les services correctionnels de la Colombie-Britannique. Le 16 octobre 1990, Dorothy Francis meurt d'une crise cardiaque à New Westminster en Colombie-Britannique.
* Ce texte est adapté d'un article paru dans la section In Memoriam de Bahá'í World 1986-1992, vol. 20, p. 990 à 991.