Patricia, Hamilton, Ontario

Patricia sert au sein du comité de planification du quartier McQueston et d’une organisation de Hamilton qui œuvre pour réduire la pauvreté dans cette localité. En 2012, elle a été récompensée pour son travail au service de sa communauté par une médaille du jubilé de la reine Elizabeth II.

« Je suis devenue bahá’íe à 35 ans. Je traversais une période difficile quand j’ai lu les Écrits bahá’ís pour la première fois. Ils m’ont fourni des réponses à tant de questions!

« La foi bahá’íe dit que la vie sur terre fait partie d’un parcours au cours duquel nous nous développons. Nous sommes comme l’enfant dans le ventre de sa mère : il doit développer toutes ses capacités avant de venir au monde. De la même manière, nous devons développer nos capacités spirituelles avant de naître dans l’au-delà. Je repense souvent à ma vie et je suis heureuse que ma foi en Dieu m’ait aidée à devenir la personne que je suis aujourd’hui.  

« Je vis à Hamilton, en Ontario, dans une communauté dynamique et chaleureuse. Bien des gens de mon quartier participent à des efforts pour renforcer la collectivité. Nous nous efforçons, entre autres, de réduire la pauvreté, car nombreux sont ceux qui sont aux prises avec ce problème dans notre quartier. J’ai moi aussi connu la pauvreté à divers moments de ma vie. 

« La pauvreté, à mon avis, c'est la galère !

« Il faut […] être en mesure d’aider les gens qui vivent dans la pauvreté à se fixer des buts et à prendre conscience de leur propre valeur.  Ils sont si souvent dénigrés et rabaissés qu’ils finissent par abandonner.  À quoi sert de lutter si on est chaque fois dévalorisé? Nous pouvons les aider à bâtir leur estime de soi et leur confiance, à apprendre comment se faire entendre et à se prendre en main.

« Le comité de planification de mon quartier utilise une approche du développement basée sur les actifs. Nous nous appuyons sur la capacité des gens. Nous cernons les besoins, et nos partenaires nous aident à réaliser nos objectifs.

« À mon avis, la pauvreté n’est pas seulement une question de manque de ressources. Pauvreté spirituelle et pauvreté matérielle vont parfois de pair, et il faut leur accorder une attention égale.

« Ce n’est pas moi qui ai suggéré que nous lancions un programme de réunions de prière dans le quartier, c’est une voisine. La population est très hétérogène et les gens ne se connaissaient pas. Nous avons donc organisé une série de réunions de prière qui dure depuis sept ans maintenant. Tous les lundis soirs, nous nous réunissons pour prier, et cette activité a eu une grande influence sur le quartier. L’atmosphère est devenue plus spirituelle.

« Deux autres bahá’ís sont venus vivre dans le quartier et nous avons depuis organisé des cours de formation spirituelle pour les enfants. Pendant un an, un seul enfant y participait. Maintenant, il y en a environ dix-huit, formant trois classes qui ont lieu sous un même toit. Les parents ont une bonne opinion du programme et ils encouragent leurs enfants à le suivre. Un jour, un des parents nous a demandé d’aborder la question des bagarres entre enfants. Les parents se rendent compte que ces activités exercent une influence positive sur leurs enfants, et j’en suis très heureuse.  

« À mon avis, ce qui est important dans ces activités, c’est que les jeunes y acquièrent des valeurs et des compétences qui vont leur servir dans la vie de tous les jours. Il est très important de saisir les moments propices à l’apprentissage quand ils se présentent. Maintenant, d’autres voisins servent en tant qu’animateurs du programme pour préados, et j’en suis ravie.   

« Il se peut qu’aucun résultat ne soit perceptible à court terme mais, à long terme, de profonds changements s’opèrent. Nous sommes tellement habitués à tout avoir instantanément, mais en réalité il s’agit là d’un processus, et ces choses-là prennent du temps ».