Christian, Longueuil, Québec

Christian est, depuis une trentaine d’années, violoniste de I Musici de Montréal, un orchestre de chambre internationalement reconnu. Sa vie de musicien au sein d’un orchestre lui fournit de multiples occasions de réfléchir aux bienfaits, pour la vie en société, de certains grands principes spirituels.

« Dans un orchestre, il faut apprendre à trouver un équilibre entre sa propre individualité et le souci de se fondre dans le groupe. Sur le plan musical, il faut savoir écouter les autres plus que soi. Il faut bien sûr être conscient des sons que l’on produit, mais dans le seul but de mieux s’intégrer à l’ensemble. Il est avantageux de développer son écoute des autres, la capacité de se remettre en question et des attitudes d’encouragement et d’apprentissage. Ce sont ces mêmes principes qui me guident dans mes relations avec les autres au quotidien.

« Pour moi, pratiquer ma foi signifie apprendre l’art divin de vivre en soi et en société. Les enseignements de la foi bahá’íe me permettent d’orienter mes recherches, mes aspirations et mon attitude au travail. Au plan de la transformation personnelle, il existe également plusieurs points en commun entre approfondir une œuvre musicale et approfondir sa foi. Par exemple, le désir de comprendre et de rendre l’intention du texte (musical ou spirituel) dans toute son authenticité, et le travail de recherche que l’on fait afin de mieux saisir le contexte historique dans lequel l’auteur s’est exprimé pour mieux comprendre le sens et la portée de son œuvre.

« Dans le processus d’apprentissage d’une œuvre musicale, du début jusqu’à ce que je sois capable de la jouer en public, je travaille au développement d’une multitude de capacités intellectuelles et spirituelles : patience, humilité, courage, engagement, persévérance, désir d’atteindre l’excellence et meilleure connaissance de soi.

« Je trouve également important de ne pas insister sur ma propre perception des choses et de prendre conscience que je dois faire abstraction de mon ego, même si c’est parfois difficile. Ce travail demande du détachement, mais il permet d’être sincèrement à l’écoute des autres. La pureté d’intention est une qualité primordiale, qui permet de résoudre bien des problèmes lorsqu’on travaille en groupe.

« Idéalement, la musique devrait être perçue comme une forme de prière ou comme un acte d’adoration. Les arts nous révèlent qui nous sommes intérieurement. C’est une dimension où le cœur humain et ses aspirations peuvent s’exprimer, et où les capacités peuvent se développer sous une infinité de formes. Toutefois, je crois que les arts doivent s’inspirer de la nature spirituelle de l’être humain pour influencer d’une manière positive et durable la transformation profonde d’une société.

« La musique est un langage qui continuera toujours de rejoindre les sensibilités de l’âme de chaque être humain. C’est un outil formidable de rapprochement des peuples. La musique n’a vraiment pas de frontières ; c’est pourquoi on observe un grand courant migratoire chez les musiciens. La plupart des orchestres, partout dans le monde, sont en effet très cosmopolites. Ayant vécu depuis ma tendre enfance dans un milieu musical, je crois que c’est l’amour de la musique et de son langage universel qui m’a prédisposé, quand j’étais dans la vingtaine, à devenir bahá’í ».